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vendredi 25 avril 2008

 Ajoutez Let there be light à vos Favoris   Let there be light


Let there be light (Que la lumière soit) est un documentaire de John Huston réalisé en 1946 qui traite des traumatismes psychiques des soldats américains au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (55 mn, noir et blanc, anglais sous-titré français.)

Réalisé en 1946 pour le centre cinématographique de l’armée américaine, ce documentaire a été censuré pendant 35 ans aux Etats Unis avant d’être présenté à Cannes en 1981 dans la sélection « Un certain regard ». Au visionnage, on peut se demander pourquoi il a été interdit si longtemps puisqu’il montre le succès des soins prodigués aux vétérans, contribuant ainsi à la propagande à sa façon.



John Huston a tourné " Let there be light " en 1946 dans un centre hospitalier américain. Cet hopital y accueillait les troupes revenues de la guerre afin de les soigner des nombreuses séquelles dues aux traumatismes vécues durant les combats. Le film, sorti en 1980, n'avait pu jusque-là faire face à la censure car il apportait une vision beaucoup moins héroïque de l'impact de la guerre sur les soldats américains que celle colportée par la propagande de l'état.

John Huston précise dès le début qu'il tourne un documentaire et non une œuvre de fiction. Il fait bien car à la vue de ces victimes, on ne cesse de croire à un film de cinéma. La manière qu'il a de filmer les séances chez les psychiatres y est aussi pour beaucoup, usant de trois plans à chaque fois. Vue d'ensemble puis zoom sur les visages des médecins et du patient. Les troubles décrits sont tous de source psychologique même s'ils se traduisent de manière physique : angoisse, amnésie, perte de la parole, cauchemars, paralysie, dépression, etc.

Huston filme donc durant plus de dix semaines la convalescence suivie des progrès assez nets des anciens soldats. Même si le but est de montrer une fois de plus les conséquences tragiques et cauchemardesques de toute guerre, ce documentaire, du reste sans commentaire du réalisateur, s'occupe de traiter simplement quelques moments de rééducation des soldats redevenus civils. Séances chez le psychiatre, discours des médecins, moments de détente, de sport, interventions médicales, etc.

Mais on ne peut s'empêcher d'y voir un traitement assez conforme au discours politique prodigué par les médecins et les instances de l'époque. En effet, même si Huston traite de façon brutale les troubles psychiques des patients et les séances médicales dont certaines sont pratiquées par voie médicamenteuse, il clôt son chapitre sur une espèce de un «happy end» où l'on voit nos anciens malades guéris, pleins de vies, sourire aux lèvres et quittant en bus l'hôpital comme s'ils quittaient une colonie de vacances leur diplôme de boy-scout en main.

Le discours final du médecin-chef évoquant la vie qui les attend, et le fait qu'ils sont maintenant adaptés à la société américaine où il faudra se battre aussi, différemment, mais se faire accepter auprès des patrons au même titre que les autres, peut prêter à inquiétudes. Mais Huston ne donne pas de clefs, et se refuse toute interprétation. Il a toutefois le mérite de s'intéresser au côté noir de l'héroïsme de ces gens au moment où tout le monde fêtait la puissance militaire et libératrice américaine. En cela, sa démarche est courageuse, et son film, extrêmement important !

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